Sulitzer dans La dernière heure, l’interview

1 07 2008

Paul-Loup Sulitzer se raconte, à peine voilé

 

BRUXELLES

Parce qu’il a vécu cette histoire de l’intérieur, parce qu’il en a été le témoin, Paul-Loup Sulitzer n’a pas eu beaucoup de mal à écrire Le Roi Rouge. Et s’il a pris quelques libertés avec la réalité, c’est tout simplement pour se protéger, ainsi que certains de ses proches…

On a l’impression que la réalité dépasse tellement la fiction…

« Comme toujours ! Quand on fait un roman, on se demande pourquoi on se casse la tête. La vie d’un homme ou d’une femme est toujours plus intéressante que peut l’être la fiction. Dans le cas présent, j’étais le secrétaire d’Arcadi Gaydamak, le Roi Rouge, qui est devenu un personnage important en Israël, puisqu’il se présente à la mairie de Jérusalem et qui est un homme immensément riche grâce à l’Angola. Moi, je ne faisais qu’organiser des rendez-vous… Je suis toujours au mauvais endroit, depuis des années. Mais je n’ai strictement rien fait que mon métier. Bref, pour la fiction, j’ai changé les noms. L’histoire du Chacal est également romancée. Et puis, il y a la fin, qui est de l’anticipation puisqu’on est dans le futur. »

C’est ce que vous aimeriez qui se passe : la fin des conflits entre Islam et judaïsme ?

« C’est ce qui risque, très probablement, de se passer.« 

La première impression du Roi Rouge face au juge qui l’arrête, c’est la vôtre ?

« J’ai pensé à tort que la France était le pays des droits de l’Homme, que l’on était présumé innocent, que l’enquête se faisait à charge et à décharge. C’est mon côté naïf… En réalité, comme dans le livre, ça ne s’est pas très bien passé.« 

Vous avez vraiment passé 162 heures en garde à vue ?

« Ce n’était pas exactement ce chiffre-là, mais j’ai fait une très longue garde à vue. J’ai été interrogé des dizaines de fois, pour rien. Si j’avais tué, violé, j’aurais sans doute été moins puni. Mais j’étais Paul-Loup Sulitzer et on a voulu me faire payer beaucoup de choses. La jalousie est quelque chose de typiquement français.« 

C’est toujours le cas aujourd’hui ?

« J’ai eu beau perdre des dizaines de millions d’euros, j’ai eu beau avoir des ennuis de santé dramatiques – deux hémorragies cérébrales -, je m’en suis sorti. Je me suis battu. Pendant un temps, quand j’étais milliardaire, j’avais un peu oublié ce que c’était… »

Cela vous a fait de la peine qu’on ne retienne de vous que ça : un homme à terre, la presse people…

« On a oublié que j’ai écrit 38 romans, de la poésie, que j’ai gagné des prix, que j’ai vendu 50 millions de livres dans le monde, que je suis traduit dans 45 pays. Je n’ai rien à prouver. Mais j’ai toujours attiré beaucoup de jalousies, parfois à tort, parfois à raison. J’étais là avec mes cigares, mes bagnoles, mes maisons. Mais on m’a beaucoup tiré dessus.« 

Avec un livre comme celui-là, vous dites « Je suis de retour aux affaires, rien n’a changé » ?

« Et pourquoi les choses auraient changé ? Le Roi Rouge est un bon titre parce qu’il correspond à une réalité. C’est sûr, c’est un clin d’oeil au Roi vert, sorti il y a 15 ans et dont j’ai vendu 7 millions d’exemplaires… On m’a pris des millions d’euros, j’ai été malade et rien n’a changé : on veut toujours me cracher à la gueule. Même si aujourd’hui, c’est avec beaucoup plus de courage qu’avant.« 

La dernière chose que fait le Roi Rouge, dans votre livre, c’est prendre son téléphone pour appeler son ami écrivain.

« Moi, je n’ai eu aucun coup de fil. D’ailleurs, dans le procès, à l’origine, on n’avait pas le droit d’avoir des contacts. La France, pays des droits de l’Homme, a une drôle de manière de les concevoir, les droits de l’Homme.« 

Propos recueillis par Isabelle Monnart.

Paul-Loup Sulitzer, Le Roi Rouge, Ed. du Rocher

Paul-Loup Sulitzer était de passage à Bruxelles en début de semaine, accompagné de ses deux fils. L’auteur, qui dit avoir retrouvé 95 % de ses capacités, est à nouveau un coeur à prendre… (demoulin)


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