L’audition de Paul-Loup Sulitzer vue par L’Express

10 12 2008

 L’article original de L’Express est disponible ici

Thierry Lévêque, édité par Yves Clarisse

PARIS – L’auteur français de best-sellers Paul-Loup Sulitzer a admis mardi avoir reçu environ 300.000 euros en 1997 et 1998 des vendeurs d’armes à l’Angola, tout en se décrivant comme un coupable mineur.

 

L’auteur français de best-sellers Paul-Loup Sulitzer a admis avoir reçu environ 300.000 euros en 1997 et 1998 des vendeurs d’armes à l’Angola, tout en se décrivant comme un coupable mineur. (Reuters/Charles Platiau)

La comparution de cet auteur à succès est pour l’accusation, après le fils de l’ancien président, Jean-Christophe Mitterrand ou l’ex-ministre Charles Pasqua une occasion d’illustrer la variété du réseau d’influence développé par les auteurs de cette vente d’armes à 790 millions de dollars en 1993-1998.

« Je reconnais avoir mis la main dans le pot de miel, mais j’ai payé fiscalement« , a dit l’écrivain de 62 ans au tribunal.

Il faisait référence à une précédente condamnation à six mois de prison avec sursis pour fraude fiscale pour n’avoir pas déclaré ces revenus aux autorités françaises.

Sulitzer a reconnu avoir perçu de Pierre Falcone, principal acteur des ventes d’armes, 1,183 millions de francs par virements bancaires sur un compte ouvert en Suisse sous couvert d’une société des îles Caïman, ainsi que « 800.000 francs à un million de francs » en espèces pour une supposée mission « d’alerte » concernant la presse.

Répondant assis en raison d’un handicap dû à des accidents vasculaires cérébraux, la voix pâteuse, il a ajouté : « depuis neuf ans, on me prend mon passeport, ce qui pour un romancier international et un consultant est une mise à mort. On a voulu tuer un moustique avec une bombe atomique« .

Le président Jean-Baptiste Parlos lui a répondu : « à supposer que vous soyez un moustique, c’est un moustique à multiples comptes bancaires« , avant d’enchaîner sur une longue lecture des multiples comptes off-shore, dont un au nom d’une société « Hermetic limited« , retrouvés par l’enquête.

L’écrivain a admis qu’il détenait usuellement des centaines de milliers d’euros en espèces dans sa cave, une tradition familiale selon lui. « Pendant la guerre, dans notre famille, ceux qui ont été sauvés l’ont été parce qu’ils avaient de l’argent dans des caves (…) J’ai gardé l’habitude« .

LE FESTIVAL DE DEAUVILLE ET LA « MISSION« 

L’enquête a établi que l’écrivain, très connu et introduit dans les médias et le show-business depuis son premier roman à succès, « Money« , en 1980, avait rencontré Arcady Gaydamak, associé de Pierre Falcone dans les ventes d’armes, au festival du cinéma américain de Deauville en 1995.

Arcady Gaydamak, jugé par défaut car en fuite en Israël, et présenté dans des notes des services secrets français lues au procès comme un financier de la mafia russe, a ensuite présenté Paul-Loup Sulitzer à Pierre Falcone.

Ce dernier a dit à la barre lui avoir confié une « mission« . « J’étais l’objet de menaces de mort en français et en portugais et je venais d’échapper à une tentative de kidnapping en plein Paris, donc j’étais très sensible à tout ce qui pouvait être présenté comme une campagne de déstabilisation« , a-t-il dit.

Paul-Loup Sulitzer l’aurait informé lors de leur première rencontre qu’un article « inspiré par ses concurrents » allait être publié dans la presse sur ses affaires avec l’Angola. Le romancier a donc été chargé d’une mission de « veille« .

C’est donc pour cela, a expliqué Pierre Falcone, qu’il a remis « trois fois » des enveloppes à Paul-Loup Sulitzer avec à chaque fois « 20.000 à 50.000 francs« .

Les sommes étaient beaucoup plus élevées selon les « mémos » saisis par la police, qui mentionnent dix remises d’espèces avec jusqu’à 270.000 francs (40.000 euros) à chaque remise.

Pierre Falcone a cependant nié avoir demandé à Paul-Loup Sulitzer d’organiser des dîners avec des « personnalités du show-business« , comme cela a été dit à l’instruction. Il l’a fait avec Arcady Gaydamak.

L’accusation, qui poursuit l’écrivain pour « trafic d’influence« , soutient que les paiements avaient un autre but, celui de conseil et de « caution » sur les placements off-shore.

A l’audience, Paul-Loup Sulitzer a admis qu’il était bien derrière le pseudonyme de « Goldfinger » identifiant dans les documents d’une banque suisse l’homme ayant introduit Arcady Gaydamak. L’interrogatoire se poursuit mercredi.


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