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Paul-Loup Sulitzer était « L’Invité » de Patrick Simonin sur TV5

21062013

A l’occasion de la sortie de son dernier livre, Monstre Sacré, Paul-Loup Sulitzer a enregistré cette émission à destination de ses lecteurs francophones.

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Dernier passage tele

26082011

Passage dans « L’Invité » de Patrick Simonin sur TV5 :

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Découvrez l’économie mauricienne avec Paul-Loup Sulitzer, un documentaire produit par Jean François Marty & le MPTA (extrait) :

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Sulitzer Opale Foley 2010




Paul-Loup Sulitzer, le roi nu – Protrait publié dans Le Monde du 25 novembre 2008

25112008

 Voici le portrait publié dans le journal Le Monde, le 25 novembre 2008. Il s’agit d’un véritable évènement, les portraits du Monde étant rares et réservés à une élite.

 Le portrait est sans fard, sans concession, mais révèle le personnage attachant et vrai qu’est Paul-Loup Sulitzer.

Pour un peu, le visiteur de passage chez Paul-Loup Sulitzer irait bien pousser la porte de la salle de bains, au cas où Véronique et Davina s’amuseraient sous la douche, comme aux plus belles heures de « Gym Tonic », l’émission culte sur Antenne 2. Il irait aussi inspecter les placards, des fois qu’un Bernard Tapie svelte et bronzé s’y cacherait. S’attendrait à buter sur Starsky ou Hutch, au détour d’un couloir. Se rendre chez Paul-Loup Sulitzer, c’est embarquer dans une machine spatio-temporelle, direction les années 1980.

Dans cet appartement de 130 m2 de l’avenue Wagram à Paris, qu’un ami lui prête, il y a des tonnes de bouquins, uniquement ceux de Sulitzer, des tableaux en pagaille, à la gloire de Sulitzer, et des photos de grands de ce monde, souriant à l’objectif en compagnie… de Sulitzer. « Ça ne me dérange pas qu’on dise que je date des années 1980, dit-il. On ne peut me retirer ce que je suis. Paul-Loup Sulitzer, depuis l’âge de 17 ans, il a marqué son temps. » Mais les années ont passé. Les couleurs des clichés sont saturées, défraîchies, et le maître des lieux a désormais bien du mal à s’extirper de son fauteuil. Un coach personnel le suit pas à pas.

Sulitzer, c’est l’histoire d’une déchéance, celle d’un milliardaire ruiné, d’un homme diminué, et d’un justiciable qui comparaît, ces jours-ci (les 25 et 26 novembre), au tribunal correctionnel de Paris, dans l’affaire de l’Angolagate. Il est accusé d’avoir perçu près de 1,2 million de francs, non déclarés, de l’homme d’affaires Robert Falcone, principal prévenu d’un procès qui se déroule sur fond de trafic d’armes.

Mais Paul-Loup Sulitzer semble impavide. Il ne se plaint pas et contemple avec une certaine lucidité les lambeaux de sa gloire d’antan. « Je souhaite à mes pires ennemis d’avoir fait l’amour à d’aussi jolies femmes que celles que j’ai connues, et d’avoir eu autant d’argent », dit-il d’une voix chuintante, séquelle d’un grave accident cérébral qui le laissa à l’état de « légume, avec trois types pour (l’)amener à la douche ».

Sulitzer, c’est 35 livres, 43 millions d’exemplaires vendus à travers le monde, et des avances consenties par les maisons d’édition qui se chiffraient en millions d’euros. Pour son dernier livre, Le Roi rouge, paru en mai, il assure avoir encore obtenu 100 000 euros des Editions du Rocher. Il s’en serait vendu 20 000 exemplaires. « Cette fois, c’est moi qui l’ai écrit », s’amuse-t-il, lui dont le système d’écriture fit scandale.

Il ne s’est jamais imaginé en Marcel Proust. « Mais je vendais beaucoup de livres, donc je commettais un péché. » Il eut des nègres, s’embrouilla avec eux, des documentalistes. « Quand j’ai à décrire une scène qui se déroule en 1929, je préfère payer un professeur de Harvard pour restituer l’époque avec fidélité, explique-t-il. Mais je n’ai jamais eu un seul procès pour plagiat. Au fond, mon seul talent, c’est d’avoir la bonne idée et de l’exporter… » Dans Le Roi rouge, Paul-Loup Sulitzer met en scène un écrivain à succès qui ressemble furieusement à ce qu’il fut, une personnalité aussi connue que « Gérard Depardieu, Alain Delon ou Michel Platini ». Un type qui partait en vacances aux Seychelles, s’exhibait dans Paris Match et se faisait décorer par François Mitterrand.

Mais la vraie vie l’a rattrapé. Il dit avoir déclaré 62 000 euros de revenus en 2007. Ce n’est certes plus l’opulence. « Moi qui étais l’écrivain du pognon ! » ironise-t-il. La faute à ce procès qu’il attendait depuis si longtemps. « Ça fait huit ans que je n’ai plus de passeport, confisqué par la justice, explique-t-il, je ne peux exercer mon métier de consultant international. Ça me fait penser à la Russie d’Andropov, on utilise un Magnum 350 pour tuer un moustique ! J’ai reconnu avoir touché de l’argent de Robert Falcone. Je n’ai pas d’excuses, j’ai voulu faire des affaires, j’ai été pris la main dans le pot de miel… »

Et puis, il y a l’image. Terrible. Ce Paul-Loup Sulitzer que l’on découvre, bedonnant, l’oeil morne, dans les soirées pour happy few, où traîne toujours une caméra, un appareil photo. Le Paris d’aujourd’hui se gausse de lui. « Le regard des autres ne me gêne pas. Je n’ai pas de peine d’orgueil. Si ça amuse la galerie, ça sert au moins à ça. Je m’estime verni par rapport à ce qu’a vécu mon père, par exemple, qui refusa de porter l’étoile jaune. Chez les Sulitzer, on est des combattants, pas des pleureuses… »

Il lui reste des amis. On le salue dans la rue, on le touche, on lui demande de ses nouvelles. Ça lui suffit. « J’ai les mêmes amis depuis cinquante ans. J’ai eu une cour colossale, mais je n’ai jamais été dupe. Quand j’étais milliardaire, j’étais généreux, et certains n’ont pas la mémoire courte. Et puis, aujourd’hui encore, j’arrive à séduire de très jolies femmes… »

Sa famille s’est rapprochée de lui. Sa soeur, Dominique, par exemple. « Je le trouve beaucoup plus sympa qu’avant, dit-elle. Il a pourtant beaucoup souffert, il a été abîmé, mais il a du panache. Du coup, il est touchant, il a une force de vie en lui. » Elle le sait « maladivement égocentrique, mais conscient de sa déchéance« . Alors elle le voit plus souvent, bien plus qu’à l’époque où, au sommet, « il était insupportable ».

Elle raconte cette scène vécue, au restaurant, où un homme s’est approché de la table qu’elle partageait avec son frère. « Il nous a offert une bouteille de vin, il a dit à Paul-Loup : « Vous la boirez à ma santé. » Ça lui suffit, à Paul-Loup, ça le fait tenir… » Tant qu’on le reconnaît, c’est qu’il est encore en vie. Rescapé d’un coma diabétique, d’un divorce qui lui a coûté 6 millions d’euros et éloigné de ses deux fils. « Sulitzer, c’est encore un nom », lâche-t-il.

Sa fille Olivia l’entoure, elle aussi. Elle ne l’a jamais laissé tomber. « Mon père était un enfant, persuadé que le monde tournait autour de lui, se souvient-elle. Le côté positif de sa descente aux enfers, c’est qu’il est revenu au top sur le plan humain. » Bien sûr, elle ne goûte guère le regard des autres, les sourires du Paris branché. « Mon père n’est pas triste, dit-elle, c’est la manière dont on le montre qui l’est. »

Il monte encore des projets. Développe des idées. « Il a un nom, une clientèle, relève Patrick Mahé, directeur éditorial des Editions du Rocher. Je suis impressionné par son attitude flegmatique, presque philosophe. Il ne porte jamais de jugement négatif. » La crise économique pourrait pourtant le ranger au rayon des objets poussiéreux. Sulitzer s’insurge. « Vous savez, ça fait longtemps que je dis que le système va se casser la gueule, car il est sorti de sa fonction première. Et si vous relisez Le Roi vert (Editions n° 1, 1983), vous verrez que j’y pointais déjà les dérives du capitalisme… » Lui aussi, à sa manière, incarne la déroute d’un système. Peut-être le sait-il. Il ne le dira pas.

Gérard Davet

Photo Le monde novembre 2008

Parcours

1946
Naissance à Boulogne-Billancourt (Hauts-de-Seine).

1963
Se lance dans le commerce.

1980
Parution de « Money », premier succès.

1983
Publie « Le Roi vert », traduit dans une trentaine de langues.

2002
Victime d’un accident cérébral.

2008
Comparaît au procès de l’Angolagate.







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